Randonnée sur le Chemin Stevenson du Monastier-sur-Gazeille au Bouchet-St-Nicolas en Haute-Loire via Courmacès, le Cros, St Martin de Fugères, Goudet, Montagnac, Ussel, Bargettes et Preyssac.

 

Chemin Stevenson: du Monastier-sur-Gazeille au Bouchet-St-Nicolas

GR70 Chemin de Stevenson1er jour: 22 km, +730m

Voici Le Monastier sur Gazeille. L'intuition nous conduit directement vers le reste du groupe pour la rencontre souriante avec les ânes. Les questions fusent et moi, je me dis : « Quelle idée d'embarquer d'autres personnes avec mon inexpérience des ânes ! Quelle belle aventure ! ».

Observation, curiosité et réflexion mènent le chargement, moment un peu difficile où l'on se demande comment agencer tout un tas de sacs et que supprimer pour y arriver ; j'aurais dû être plus claire, pour la prochaine fois ce sera mieux.Mais la bonne volonté vient à bout de tout, et du pied de la petite église romane du Monastier sur Gazeille, l'aventure démarre sous la conduite de Philippe et moi qui tenons les ânes, à moins que ce ne soient de la leur car on se demande qui mène qui, parfois ! Tout de même, c'est un joyeux départ, le village reste derrière sans un regret.

GR70 Chemin de StevensonLes ânes, patients marchent plus ou moins pressés, intéressés par les herbes et surtout les broussailles au bord du chemin. Ils répondent à nos paroles par des mouvements de leurs grandes oreilles, par un regard attentif ou par un désintéressement autrement motivé par la gourmandise.

Un chemin parsemé de pierres rondes et sombres, limité par des murets de même teinte nous guide sur une terre volcanique montant entre des haies au départ, puis plus à découvert en traversant des villages du Velay.

GR70 Chemin de StevensonLe ciel couvert habille ce pays noir et vert, courant au-dessus de ses couleurs contrastées, élevé par ses dômes. Des tâches plus sombres sont générées par de rares pinèdes entre les carrés cultivés de couleurs brunes et vertes variées. Quelque part derrière nous se trouve le Mézenc, mais ce manteau le masque. Les ânes aimeraient bien grignoter si nous leur en laissions le temps. Nous nous rendons vite compte de la justesse des recommandations reçues au matin, il ne faut pas leur laisser prendre de mauvaise habitude, la tête est vite abaissée vers quelque brindille et la redresser réclame une certaine force de persuasion, dans le ton et dans la poigne ! Ils nous testent et déjà se révèlent des individus à part entière du groupe, attachants, avec leurs caractères marqués.

Si nous voulons arriver ce soir à l'étape malgré l'heure tardive du départ et la longueur de l'étape, mieux vaut avancer régulièrement sans trop de pauses car à chaque fois, la remise en route ne va pas de soi. L'environnement se modifie en approchant de la Loire, les rochers prennent la place de la terre, pins et genêts s'emparent de terrains plus secs ou des pentes descendant vers le « fleuve ». Est-ce bien la même eau, souvent admirée, qui s'étale tranquillement, juste animée par le mouvement vertical des marées dans l'estuaire de Nantes à l'océan ? Cette rivière sauvage est-elle la même qui porte l'agitation des ports, les bateaux de pêche et les géants des mers s'envolant des chantiers navals de Saint-Nazaire ? Je réalise qu'elle lie mes deux racines, Massif Central et Loire-Atlantique. Si le ciel l'avait permis, sans doute aurions-nous aperçu le Mont Gerbier des Joncs qui lui donne vie.

Le village de pierre de Goudet et son eau nous attire en bas, d'autant que le soleil est sorti. Une date confirme qu'il ressemble sans doute encore à celui qu'a vu Robert Louis Stevenson 135 ans avant, en plus désert, nous n'y croisons presque personne. Stevenson, lui, est un peu avec nous et nous vivons ses impressions avec les nôtres grâce à un peu de lecture par Renée.

Après le pont, une pelouse nous attend pour une pause au bord de l'eau, c'est qu'il faut que nous pensions aussi au pique-nique des « porteurs ». Attachés chacun à leur pin, ils ont tôt fait de dessiner un rond parfait autour du tronc et nous les déménageons en cours de pique-nique. Repartir demande quelque temps car il faut composer à nouveau un harnachement équilibré, mais déjà, l'expérience du matin rend la coopération plus efficace.

En passant sous le château, il faut monter, et après encore alors que le soleil déjà nous réchauffe. Les espaces de cultures sont moins fréquents et les champs plus grands de ce côté-ci. Nous montons en regardant derrière les arrondis verdoyant du Velay couverts de carrés de cultures sur ses bosses, au loin mélangés avec le ciel laiteux et les nuages mouvants. Nous traversons peu de villages, GR70 Chemin de Stevensonun où nous passons sous la route nationale sans que Keneth et Popov ne soient autrement troublés par le petit tunnel, quelques personnes dans des hameaux ; la présence des ânes entraîne aisément quelques échanges. Le groupe s'étire car ceux qui n'ont pas les ânes, et des sacs plutôt légers grâce à eux, ont les jambes en mal d'exercice et pas de freins pour ralentir leur hâte. Même les ânes n'ont pas une allure identique ce soir-là.

GR70 Chemin de StevensonPourtant, à l'approche du Bouchet-Saint Nicolas, ils auront séparément la même accélération dans une côte, nous tirant alors que tout le jour il a fallu renouveler les encouragements à leur encontre ! Prémonition d'arrivée ou farce démonstrative au marcheur fatigué dans la côte, Popov en tout cas a repris ensuite son allure tranquille en regardant le village, sans se presser vers la liberté du pré. Surprise, le gîte municipal réservé est occupé par un acteur et son équipe qui ont commencé ce même jour le Chemin de Stevenson, ayant programmé à chaque étape un spectacle théâtral tiré de l'ouvre. L'acteur marche avec un âne et les deux techniciens transportent le matériel et le montent.

Pour nous, ce soir nous sommes trop tard pour assister à la séance et nous devrons dormir entassés sur des lits de camps sans ressorts dans une pièce froide sous le gîte, imprévu pour un brin d'aventure.

Débâtés, les ânes doivent être traînés vers le pré. Le maire, exploitante agricole, doit les aimer car elle a clôturé des morceaux de ses propres terrains à disposition des randonneurs et de leurs compagnons. Laurent et moi, chacun avec notre âne partons à la recherche de ces « gîtes ». Il y a bien deux ânes chacun déjà dans leur enclos, dont un grand blanc que nous recroiserons sur le chemin, mais c'est en rentrant dans une étable où quelqu'un travaille que nous connaîtrons le bon lieu pour nous. C'est d'ailleurs un réel plaisir que de croiser ce moment de vie, la traite du soir. Les vaches alignées broutent le foin devant elles tandis que ronronne la trayeuse.

GR70 Chemin de StevensonLe Bouchet St Nicolas respire une vraie vie contrairement à d'autres, non rénové pour des temps passagers voir artificiels de week-end ou de vacances, ses maisons, ses granges non arrangées, entourées de matériels, ses rues marquées par la boue des labours ou le passage des vaches sont vivantes. Maisons et étables sont habitées, et c'est tant mieux s'il n'a pas le confort touristique habituel ; il est « vrai ».

Il en est de même pour l'auberge et l'accueil du couple de propriétaires ; seuls clients dans de grandes pièces au décor sans prétention, la simplicité marque de charme ce premier dîner. Keneth et Popov une fois lâchés, indifférents et heureux à la fois, philosophes, peut-être, nous ont laissés. Cependant, une promenade digestive ayant conduit certains d'entre nous à s'enquérir de leur bien-être dans la nuit, à l'appel ils ont répondu et sont venus nous montrer leur bonne santé. Pourtant, nous, frigorifiés par un vent froid, vite sommes allés vers les lits trouver refuge.

C'est un peu tôt pour moi, surtout avec toutes les nouveautés de cette étonnante journée à l'esprit. Je ressors et m'éloigne des voix des acteurs qui plient leur matériel au-dessus.

La nuit tout autour, sur les lumières de la longue rue, entre les maisons sombres, sous le vent et dans le bruissement des arbres rafraîchit corps et esprit. La longue rue s'enfuit du village étalé et derrière l'église continue vers la nuit et le cimetière, dans le sifflement du vent, vers un monde différent, triste et fascinant, le monde qui a crée la Bête du Gévaudan dans l'esprit des hommes, un monde existant avant et hors de l'Homme, un monde intrigant, attirant à la fois.

Peu rassurée, je ne dépasse pas beaucoup la lumière et reviens au chaud retrouver mon corps refroidi et poser mon esprit vagabond tandis que la lune se révélant voit défiler les nuages voyageurs, devant elle, sous le vent. par Catherine Revel

 

 

L'Etoile Maison d'hôtes à La Bastide Puylaurent entre Lozère, Ardèche et Cévennes

Ancien hôtel de villégiature avec un magnifique parc au bord de l'Allier, L'Etoile Maison d'hôtes se situe à La Bastide-Puylaurent entre la Lozère, l'Ardèche et les Cévennes dans les montagnes du Sud de la France. Au croisement des GR7, GR70 Chemin Stevenson, GR72, GR700 Voie Régordane (St Gilles), Cévenol, GR470 Sentier des Gorges de l'Allier, Roujanel, Montagne Ardéchoise, Margeride, Gévaudan et des randonnées en étoile à la journée. Idéal pour un séjour de détente.

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